La rencontre a réuni des institutions et des entreprises des deux pays autour des opportunités d’investissement, de l’innovation et de la connexion entre l’Europe et l’Afrique. Le ministre Ryad Mezzour a plaidé pour « la coopération, pas la compétition » comme fondement de la relation bilatérale.

Valence, le 22 juin 2026. Le Conseil Économique Maroc-Espagne (CEMAES) a organisé, au siège de la Confédération des Entreprises de la Communauté Valencienne (CEV), la rencontre économique « Explorer le Maroc : les clés pour investir et se développer en Afrique depuis Valence », une journée qui a rassemblé des représentants institutionnels et économiques des deux pays et qui a placé la coopération bilatérale au cœur de l’agenda économique du sud de l’Europe et du nord de l’Afrique.
La session inaugurale a réuni le Président de la CEV, Vicente Lafuente ; le Président du Conseil des Chambres de Commerce de la Communauté Valencienne, Vicente Morata ; les Coprésidents du CEMAES, Clemente González Soler et Adil Rais ; l’Ambassadrice du Maroc en Espagne, Karima Benyaich ; la Conseillère à l’Industrie, au Tourisme, à l’Innovation et au Commerce, Marián Cano ; ainsi que le Ministre de l’Industrie et du Commerce du Royaume du Maroc, Ryad Mezzour.
Mezzour : « la coopération, pas la compétition »
Dans son intervention, le ministre Mezzour a souligné que le véritable potentiel de la relation entre le Maroc et l’Espagne réside dans la coopération, et non dans la compétition. Il a affirmé que les deux pays se trouvaient aux prémices d’un bloc régional capable de transformer le détroit de Gibraltar en une connexion à forte valeur ajoutée, reliant l’Afrique à l’Espagne et à l’Europe, et appelée à jouer le rôle de plateforme d’échanges pour un continent en pleine et rapide transformation.
Dans cette même perspective, M. Mezzour a illustré la complémentarité entre les deux rives par une image parlante : le port de Nador n’est pas un concurrent du port de Valence, mais l’autre extrémité d’une seule et même autoroute maritime. Le ministre a également souligné l’importance de l’intelligence artificielle et les opportunités qu’elle ouvre pour un développement industriel et économique partagé.

Le Maroc : environnement, opportunités et sécurité juridique
Le premier volet de la journée a porté sur l’environnement d’investissement au Maroc et sur les mécanismes de protection de l’investisseur. Adil Chennouf (CDG) a abordé l’aménagement du territoire en tant que levier de croissance ; le représentant de Tanger Med, Ahmed Bennis, a présenté le rôle de la plateforme logistique et portuaire ; tandis que Hatim El Khatib (Fayçal El Khatib et Associés SCPA) a insisté sur la sécurité juridique comme fondement de la confiance entre les parties. L’Agence Marocaine de Développement des Investissements et des Exportations (AMDIE) a complété cette présentation en positionnant le Maroc comme une plateforme attractive pour l’investissement étranger.
Valence, un pôle stratégique pour l’innovation
La journée a également réservé une place importante aux atouts de la Communauté Valencienne. La Chambre de Commerce a présenté le cadre du marché valencien — ses secteurs, ses zones d’activité et sa diversification industrielle croissante — en mettant en avant des domaines tels que le tourisme (avec une volonté de dynamiser le tourisme national), la distribution et l’innovation.
Le Président du Conseil des Chambres de Commerce, Vicente Morata, a présenté Valence comme un point stratégique du sud de l’Europe et le principal port de la région, relié à plus de mille ports à travers le monde. Il a par ailleurs souligné la solidité des infrastructures ferroviaires — dont une ligne dédiée au fret entre Valence et Madrid — ainsi que les travaux en cours autour du Corridor Méditerranéen.

Témoignages du secteur privé
La table ronde consacrée à la coopération industrielle, animée par Marta Blanco, présidente de la Commission des Relations Internationales de la CEOE, a réuni les témoignages d’entreprises disposant d’une expérience directe au Maroc : Carlos Mulero (Groupe Erum), Juan Antonio Vidal (InCom Composites) et Adolfo Utor (Baleària).
Les intervenants se sont accordés à souligner les nombreuses opportunités qu’offre le Maroc, grâce à sa connexion rapide avec l’Europe et avec des marchés situés hors de l’UE, et ont mis en avant le rôle essentiel de Tanger Med ainsi que de l’accompagnement des entreprises dans leurs processus d’implantation. Parmi les facteurs de réussite, ils ont cité la stratégie, l’opportunité, la persévérance, la confiance et l’humilité, ainsi que le talent local, souvent surprenant, et l’importance d’identifier les acteurs susceptibles d’apporter leur aide, tels que les Centres Régionaux d’Investissement (CRI). Ils ont également mis l’accent sur la connexion des territoires et sur un objectif qui les dépasse — contribuer à leur développement —, rappelant que l’essentiel du transport entre les deux pays s’effectue par voie maritime, combinant passagers et fret roulant, au point que ces liaisons sont indispensables à la relation entre l’Espagne et le Maroc.
Ils ont rappelé que la confiance se construit dans la durée et repose sur des relations humaines solides, et que la transformation, bien que réelle et tangible, exige de la persévérance. Pour les dix à vingt prochaines années, ils ont évoqué l’innovation technologique, l’automatisation, la robotisation et la croissance continue du Maroc vers l’Afrique et les États-Unis, avec une attention particulière portée au port émergent de Nador.
Marta Blanco a conclu en affirmant qu’en travaillant ensemble, l’Espagne et le Maroc peuvent atteindre des objectifs internationaux et apporter des réponses et des solutions à des enjeux mondiaux.
